prise de parole en public & dans les médias - contact
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:
blog de la boîte aux images, animé par Daniel Murgui-Tomas, journaliste et coach média.
Articles et vidéos en ligne consacrés au media training, aux formations en prise de parole en public, aux techniques d'interviews en communication de crise, à la communication non verbale...
Peopolisation des médias oblige, politiques, grands
patrons, acteurs de la société civile ne sont plus uniquement interrogés sur ce qu'ils font, mais également sur ce qu'ils sont. Et seuls ceux qui maîtrisent cette règle du "je" audiovisuel,
conservent leurs chances de ne pas être zappés. AlaBoîte aux Imagesnous apprenons à nos clients à partager une émotion, à gérer les questions pièges, à préserver la réputation de leur
entreprise en situation de crise... Bref, à devenir de véritables communic'acteurs. Support pédagogique en ligne, ce blog se veut un lien avec tous ceux qui participent à
nos séminaires et trainings. Il est aussi un lieu de partage dédié à la prise de parole en public & dans les médias. Vos commentaires y sont les bienvenus et vos
contributions aussi. Après tout, communiquer, n'est-ce pas partager avec ?
Clin d’œil de la vie, cette semaine l'un de mes cours au CELSA avait lieu la
veille d'une importante épreuve à l'oral pour mes étudiants. Pour nombre d'entre eux, l'idée de passer la journée entière dans une salle exiguë avant leur exposé en équipe ne
les réjouissait guère. J'en profitais pour leur rappeler combien une attente de plusieurs heures devait permettre à chacun de se demander : "comment faire passer mon message en
offrant le meilleur de moi-même?". Sachant que le secret d'une bonne intervention ne réside pas dans une présentation brillante et trop dense (attention au nombre de
slides!), mais bien dans l'intention de rendre ce moment le plus agréable possible pour son auditoire. Et d'inviter chaque groupe en compétition à faire, si ce n'est
mieux que les intervenants précédents, au moins le plus différemment possible... Prendre possession mentalement de l'espace, se détendre et respirer avant d'intervenir sont d'ailleurs
d'excellents réflexes pour y parvenir. C'est bien connu, plus un orateur est détendu, plus il lui est facile d'arrêter de jouer avec un crayon ou de se
balancer sur ses jambes... Quitte, pour cela, à pratiquer régulièrement la respiration abdominale. A l'image de l'une des élèves les plus réservées de la classe qui, au fil des mois,
n'a cessé de gagner en présence et décontraction. Rien à voir, donc, avec la compilation qui suit. Mises en ligne en 2006 par la société BIC, ces séquences publicitaires sont inspirées par
les épreuves du Bac à l’oral. De quoi rappeler des souvenirs à plus d’un lecteur…
A une journaliste qui
lui demandait s’il est stressé lorsqu'il monte sur scène, un célèbre comédien répondit qu’il est familier du trac, mais pas du stress… Avoir le trac montre que vous avez le souci
de bien faire. Le stress, lui, indique que vous êtes dans un inconfort psychologique ou matériel. Prendre la parole en public, tout comme répondre à une interview est un art qui se maîtrise
avec beaucoup de pratique. "Inspirés" par mes formations et coachings,
voici quelques conseils qui devraient vous aider lorsque votre gorge se noue et que la main qui tient votre micro se met à trembler... L’un des premiers réflexes pour combattre le trac est
d’accélérer le rythme en parlant plus vite. Et c'est là le piège. Essayez plutôt de ralentir et de prendre le temps de sourire. Si les circonstances et le contenu s'y prêtent bien sûr... Trouvez
la position la plus stable possible, pieds bien posés au sol. Suivez du regard les réactions de votre (ou vos) auditeur(s). Respirez après un passage important, sans craindre ce
temps de silence qui, en fait, ne gêne personne. D'ailleurs, tous les professionnels vous le confirmeront, marquer des temps de pause c'est permettre à chacun de reprendre
son souffle. A l'orateur, comme à son auditoire. La pression monte ? Parlez légèrement plus fort. Vous réduirez ainsi les tensions intérieures, articulerez
mieux et donnerez plus d'impact à votre voix. Mises en pratique régulièrement, ces quelques recommandations dont la respiration est la clef principale, vous permettront de gagner
en présence dès les premières minutes de votre intervention. Comme quoi, "ne pas manquer d'air" n'est pas toujours un vilain défaut...
envoyé par renard2008 Mercredi
dernier, si je n'avais pas pris le temps de demander à des étudiants qu'elles paroles publiques avaient pu les marquer depuis le dernier cours, je serai sûrement passé à côté de deux perles
signées Rachida Dati. Deux séquences volées, mises tout récemment sur la Toile. La première, réalisée en décembre 2007 durant les temps morts d'un enregistrement TV, est
un long aparté avec Roseline Febvre sur le plateau de France
24. La seconde, plus récente, correspond à des confidences échangées avec Françoise de Panafieu, peu après leur retour de voyage officiel en Chine. Alors qu'elles sont entourées
de journalistes, la Garde des Sceaux avoue à mi-voix à la tête de liste UMP pour Paris, combien les ronflements et autres odeurs de pieds de Jean-Louis Borloo dans
l'avion lui avaient donné le "gerbillon"...
Etonnant, pour une personnalité politique de
son importance, d'ignorer à ce point combien de tels propos pouvaient être captés par les micros et caméras qui se trouvaient à proximité. D'autant que le nouveau maire du 7ième
arrondissement n'en est pas à son coup d'essai. Déjà lors de la campagne présidentielle, celle qui n'était alors que la porte-parole du candidat Sarkozy, avait eu droit aux honneurs d'Internet
pour une plaisanterie où elle se définissait comme future ministre de la réforme urbaine à coups de Karcher ! Comme quoi, a trop vouloir être "in" on en oublie les risques
du off...
Une fois de plus, l'arrivée du magazine "Médias" au courrier me met en joie. D'en lire en diagonale le sommaire, me donne envie de cesser
immédiatement tous mes travaux en cours. Jugez plutôt : une interview de Jean-Marc Charon, sociologue des médias, un long papier consacré à la première femme noire et ex
journaliste, devenue gouverneure générale du Canada et un grand entretien avec Jean Lacouture. D'entrée, je suis touché par la clairvoyance de cet ancien reporter
à Combat, Le Monde, Le Nouvel Observateur. "Je ne crois pas que le journalisme s'ordonne autour de vérité et mensonge. Ces deux notions sont tellement imbriquées et leur frontière tellement
incertaine..." Celui qui, au fil de l'article, se définit comme un Poulidor du journalisme revient sur ses 50 ans de carrière. Auteur d'aucun scoop, et il le revendique, il aura néanmoins
marqué des générations de lecteurs par ses analyses et prises de position. Quitte à revenir dans ses articles sur ce qu'il considèrera comme des erreurs de jugement à propos, par
exemple, de Nasser ou du Cambodge. Et cet homme de l'écrit, pour qui "le non dit est aussi important et aussi vrai que le dit", de nous rappeler "qu' à partir du
moment où l'information est faite par l'image, elle éclipse les nuances".
Voilà, j'ai enfin terminé. Avec les moyens du bord proposés par mon PC (Windows Movie Maker...)
j'ai réussit, non sans mal, à vous réaliser un montage de mon interview de Philippe Turchet. Je le remercie d'autant plus pour cet entretien accordé à l'issue d'une
longue journée de formation que c'est en journaliste, et non en élève, que je suis venu l'interroger. En ayant l'intuition, il y a près de 25 ans, que nos
gestes témoignent de nos états inconscients, Philippe Turchet allait offrir à la communication non verbale la discipline qui lui manquait : la Synergologie. Ses travaux reçoivent aujourd'hui un
écho international et font de lui l'un des experts les plus écoutés en matière de détection du mensonge. En attendant la sortie de son prochain livre prévue pour début 2009 voici, en images et
avec beaucoup de pédagogie, une présentation de la Synergologie par son fondateur.
Esprit d'à-propos, sens de la répartie, détournement des questions pièges... Mardi 11 mars, le nouveau
conseiller général de Neuilly Sud a témoigné sur RTL d'un réel savoir faire en matière de prise de parole dans les médias. En quelques minutes, Jean SARKOZY a prouvé au micro de
Christophe HONDELATTE qu'il est le digne successeur de son père. Même capacité à donner à sa voix un ton de velour, même virtuosité dans le registre affectif, même facilité à
placer ses messages en toutes occasions. Ce sens des mots qui touchent, associant stratégie sémantique et émotion partagée, fait de lui l'un des plus prometteurs
communic'acteurs de sa génération. A croire qu'il a, petit, dévoré tous les manuels de média training qui s'empilaient au pied du bureau paternel... A moins que son aisance ne provienne de
son goût pour la scène. Après tout, ne devait-il pas se retrouver en 2008 sur les planches d'un théâtre parisien aux côtés de la fille de Bernard TAPIE ?
Désolé, cher lecteur, de t'avoir abandonné après quelques jours de repos loin de l'hexagone. Depuis mon retour, je n'ai en effet de cesse de rattraper le travail qui s'est accumulé en mon
absence. Pareil à une plante en manque d'eau, mon blog s'étiole, les visiteurs se font plus rares. Il me faudra un peu de temps pour remonter la pente. Alors, à défaut d'un
article fulgurant à propos de Bertrand Delanoe qui refuse de Modem'niser sa liste au lendemain du premier tour des municipales, je
préfère te renvoyer au dernier plateau d'Arrêt sur images. Oui, l'émission de Daniel Schneidermann continue sur le net. Il suffit juste de s'y abonner pour se délecter de reportages et
chroniques qu'on ne trouve nulle par ailleurs. En témoigne l'interview d'Antoine Guiral, journaliste politique, qui suit Nicolas Sarkozy pour le journal Libération. Il nous dépeint
un président de la république aux multiples personnalités, très centré sur lui-même. A la fois séducteur et moqueur avec les reporters qui l'accompagnent lors de ses voyages de
presse...
Vendredi dernier, reprise de cours avec une nouvelle promo du CELSA inscrite en formation continue. L'occasion pour moi d'interroger les
étudiants sur leurs parcours et de répondre à de premières questions sur la prise de parole et sa médiatisation. L'une d'elles, particulièrement pertinente, fit mouche au
point qu'elle me conduit à y revenir près d'une semaine plus tard : "faut-il faire l'acteur pour réussir ses prises de parole en public ?" Comment rester cohérent en
répondant NON, alors que je propose à mes clients de devenir des communic'acteurs ? Je rappelle qu'il s'agit de leur enseigner quelques trucs de comédiens pour placer sa voix, travailler
ses appuis au sol ou prolonger par les gestes son intention. En aucun cas, je ne leur apprend à "jouer " un personnage autre qu'eux-mêmes. D'autant que de part notre
personnalité, nous sommes déjà en représentation. Car, quitte à vous surprendre, ce mot qui vient du grec "persona", se réfère aux masques portés au théâtre dans
l'antiquité. Chacun y représentait une personne, non pas un individu réel, mais un rôle bien précis, simplifié à l'extrême : le bon, le félon, le menteur, le bouffon, le serviteur, le
maître, etc. Comme le souligne Nathalie CHASSERIAU dans son livrePsychogénéalogie, notre personnalité n'est rien d'autre que le masque derrière lequel nous cachons notre véritable
identité. Le plus souvent sans en avoir conscience. Alors, s'il faut en plus jouer la comédie pour obtenir l'attention et convaincre... Plus que faire l'acteur, intervenir en public ou dans
les médias demande à rester soi-même. C'est votre capacité à être authentique qui donnera de l'impact à vos propos. Particulièrement en télévision.
Et, quitte à dérouter plus d'un lecteur de ce blog, c'est avec un extrait d'interview de Jean-Marie Le PEN, que j'illustrerai mon propos. A René ZAYAN qui
l'interrogeait en 2007 sur le charisme en télévision, celui qui a toujours refusé de recourir au média training répond par une définition très juste à mon sens, des
qualités que doit posséder tout bon orateur. Jugez plutôt...
Lors de sa mise en ligne parLe Pointen décembre 2007, la vidéo qui suit a été à l'origine d'une sacrée polémique. Jean-Marie CAVADA, dans un vigoureuxdémenti avait alors dû
nier toute participation, de près ou de loin, à un quelconque training d'Alain CARIGNON en 1993, quelques jours avant de le recevoir comme invité à "La Marche du siècle". Il
faut dire que nombreuses sont les vedettes du petit écran qui, ces dernières années, se sont vu reprocher un tel mélange des genres. Ainsi Pierre BOTTON, dans son livre
"Mes chers amis", raconte comment, dans
les années 90, de grandes signatures de la presse écrite et audiovisuelle ont donné des cours particuliers à Michel NOIR. Quoi qu'il en soit, ce document présente l'avantage de nous
donner un mode d'emploi très clair de ce qu'est le média training. Primo, apprendre à anticiper les questions et secundo, tester ses messages. Dans le cadre de la préparation
d'une émission en direct, l'exercice a donc valeur de première prise "pour de faux".
Si vous aimez rire et êtes amateur de café théâtre, alors voici une comédie à ne pas manquer ! Le tour du monde en 80 joursest une pièce décalée et survoltée, donnée du mercredi au samedi au Café de la Gare. Phileas Fogg, campé avec maestria par Yan Mercoeur*, lance un pari insensé
qu'il compte bien gagner avec l'aide de son fidèle serviteur Passepartout : faire le tour du monde en 80 jours ! Nous sommes en 1872, mais les auteurs ne cessent de
nous faire clin d'oeil sur clin d'oeil en s'inspirant de l'actualité. Un road-movie déjanté où se côtoient une princesse indienne en détresse, un Chinois fumeur d'opium, l'inspecteur
de police le plus nul de toutes les séries allemandes. Fogg gagnera-t-il son pari ? Et surtout, obtiendra-t-il le tarif 12-25 ans pour ses nombreux déplacements ?
Des images bien choisies valant mieux qu'un long discours, cliquez sur l'affiche pour retrouver en ligne quelques extraits du spectacle, commentés par Sébastien Azzopardi, son
metteur en scène.
Souvent les étudiants devant lesquels j'interviens au CELSA, me demande de définir ce qu'est un "bon médiatraining". Question difficile, tant le résultat est
lié à l'objectif autant qu'à la méthode. Comme lors d'un coaching en prise de parole, il est d'abords indispensable que la personne formée reste la plus authentique possible. Pas évident,
lorsqu'il lui faut mettre en pratique les nombreux conseils qui lui auront été prodigués. Si nous prenons l'exemple d'un invité au 20H, il doit apprendre à regarder son
interlocuteur plutôt que ses notes, à ne pas baisser les yeux lorsqu'il répond à une question, à donner son message important le plus tôt possible, à s'efforcer de vulgariser sans être trop
long... Et si en plus une anecdote, une formule, voire un graphique ou un objet lui permettent d'illustrer ses propos, il est assuré de maintenir l'attention du plus grand nombre.
Soit presque tout ce à quoi s'est employé Daniel Bouton, avec plus ou moins de bonheur, lors de son passage sur France 2 mercredi 30 janvier. Hélas, face à David Pujadas, le PDG de la
Société Générale s'est montré piètre communic'acteur. Jugez plutôt :
J-7. A l'approche de la reprise de mes cours, le 15 février devant les élèves du CELSA, j'actualise mon déroulé pédagogique. Les signes du charisme en
politique figurent au sommaire de ma première intervention. Présidentielles US obligent, nous parlerons également des primaires chez les démocrates. En guise d'illusration, je compte
démarrer en musique avec le clip du candidat Barack OBAMA. Un modèle du genre, qui pourrait bien contribuer à sa victoire en interne sur Hilary CLINTON. Mais que les fans du MOuvement
DEMocrate français se rassurent. J'évoquerai aussi notre leader béarnais François BAYROU et la chanson qui lui a été dédiée. Hélas, il n'est pas certain qu'elle tienne la
comparaison... Jugez plûtot :
Non, "Vivement Dimanche" n'est pas une émission que l'on regarde en somnolant. En tous cas pas dans sa deuxième partie, à partir de 18h55, lorsque Michel Drucker fait appel
à différents chroniqueurs dont l'irrésistible Anne Roumanoff. Sa revue de l'actualité, tous les 15 jours en direct d'un bistrot imaginaire décoiffe un max, dans la grande tradition des
chansonniers. J'en veux pour preuve cet extrait en date du 6 janvier 2008. Co-écrit avec Bernard
Mabille, son sketch qui se termine par la formule "Après la gauche caviar, nous avons la droite cassoulet : une petite saucisse avec plein de
fayots autour", n'a pas finit de faire du bruit...
Saviez-vous que certains "responsables" politiques, sont capables, lors d'une interview TV, de mentir tout en regardant droit dans les yeux leur interlocuteur ? Qu'il
n'est pas rare que des micro-comportements de type sortie rapide de langue ou pincement de lèvres témoignent néanmoins de leur embarras. Et que, pressés par les questions
d'un journaliste et faute d'un appui suffisant au sol, ils se raccrochent discrètement à la table qui leur sert de support ? Si vous l'ignoriez, je vous invite à
visionner cette vidéo de Françoise de Panafieu. L'une des plus regardées actuellement sur Dailymotion. Invitée dimanche dernier de l'émission Riposte sur France 5,
la tête de liste UMP pour les municipales à Paris était interrogée par Serge Moati afin de savoir si, en tant que parlementaire, elle avait apporté sa voix à l'amendement
Mariani. La députée-maire du XVIIe, absente ce jour là de l'hémyclique, a d'abord laissé entendre qu'elle avait voté contre les test ADN, avant de finir par reconnaître qu'elle
n'était pas présente au moment du vote. Un grand moment de solitude pour l'ex-jupette. Un pur bonheur pour les amateurs de communication non verbale.
Jeudi dernier, une étudiante en 2ième année de Master C3M au CELSA, me demandait qu'elle est la différence entre une petite phrase et une formule. Cette "très bonne
question", me conduit à prolonger ici ma réponse donnée en cours. Pour différencier une petite phrase d'une formule, j'avais indiqué que la première est dédiée à une situation donnée.
Voir le "Responsable mais pas coupable" de Georgina Dufoix sur 7/7 à propos de l'affaire du sang
contaminé. Ou encore le "La France ne peut accueillir toute la misère du monde..." de Michel Rocard. Deux cas où la petite phrase est le fruit d'un raccourci effectué par les journalistes, avant de se propager à la
vitesse de la lumière dans les médias. En théorie, pourtant, une petite phrase bien pensée en amont ne se déforme pas, se retient facilement et reste attachée à son contexte. En
1986, je me souviens avoir été interrogé par une équipe du Jour du Seigneur à l'occasion de la Journée Chrétienne de la Communication. J'étais à l'époque salarié du diocèse
de Montpellier. Mon contrat en alternance prévoyait une formation sur deux ans, à suivre au CFPJ. Je m'entends encore répondre devant la caméra, "j'ai été embauché comme
chrétien, j'en ressortirai comme journaliste". Bien entendu, cette "petite phrase" volontaire fut retenue au montage. Au lendemain de sa diffusion le Père Christian D, mon patron,
me demanda de m'expliquer sur sa signification ! Cela me permis de lui préciser quelle était ma véritable "vocation"... Une formule, à l'inverse, est plus
intemporelle. Moins liée au fond, elle tient du slogan. Ce qui explique son côté passe partout. Ainsi, un représentant d'Air France qui répondrait lors d'une
interview "Nous voulons faire du ciel le plus bel endroit de la terre" ne ferait que décliner une baseline bien connue dans son entreprise. Mais alors, que penser du "Il faut
laisser du temps au temps" de François Mitterrand ? Et bien que c'est d'abord une formule que l'on doit à Cervantès ("Dar tiempo al tiempo"). Comme quoi, une bonne petite
phrase se reconnaît à son caractère inédit et inscrit dans une actualité précise. Une bonne formule étant plus intemporelle. A moins qu'il ne s'agisse de travailler plus
ses, pour qu'ils se retiennent plus...
Barack Obama, 46 ans, sénateur depuis 2005 seulement, l'a donc emporté ce jeudi 3 janvier avec 37,6% des voix dans le caucus de l'Iowa qui l'opposait à John Edwards
(29,75%) et Hillary Clinton (29,47%). De quoi faire rager l'ex first lady forte, elle, de 35 ans d'engagement en politique. Mais voilà, même si son élection en tant que première femme au
poste de président des Etats-Unis marquerait l'histoire, il semble bien que son cadet noir, incarne tout autant le changement attendu par des millions d'américains.
Et il n'est pas certain que sa dernière prestation TV, lors d'un débat avec ses rivaux démocrates, lui ait fait gagner des points. Surprenante d'agressivité, la
sénatrice de New-York n'a cessé d'attaquer son collègue de l'Illinois. Un comportement qui n'est pas sans rappeler celui de Ségolène Royal face à Nicolas Sarkozy, entre les deux
tours des élections présidentielles. Or, dans ce type d'émission, où les gros plans sont nombreux, ce sont d'abord les expressions du visage (70%), la gestuelle (10%) et les intonations (7%)
des candidats plus que leur discours (13% au maximum) qui donnent le plus d'information sur leur personnalité*. Un comportement trop virulent déconcerte le public. Pire, par une posture jugée
trop masculine, une femme brouille la compréhension de son image. Et ce, même si elle est la plus crédible sur le papier. Car à l'écran, l'objectif n°1 est de toujours paraître
sympathique. Ce qui est rarement le cas en situation d'attaque.
*d'après René Zayan, professeur à l'Université Catholique de Louvain
« François Mitterrand s’économisait, Jacques Chirac se calfeutrait, Nicolas Sarkozy s’expose à toutes les lumières.» Catherine Nay dans
Un pouvoir Nommé désir, résume en une formule le rapport que le président de la république à choisit d'entretenir avec les médias. Inspirée
par le modèle anglo-saxon, la communication du chef de l'Etat applique le principe selon lequel plus un dirigeant se montre dans sa vie privée, plus il est populaire. Au
risque de transformer le moindre reportage politique en séquence de télé-réalité. Or, surprise, c'est de TF1, par la voix de Patrick Poivre d'Arvor, que nous vient
un message de raison. Dans une vidéo enregistrée au sein de la rédaction, le présentateur vedette du 20h nous rappelle combien une affaire sentimentale, même présidentielle, ne
saurait faire la "Une" d'un JT tant qu'elle ne sort pas de la sphère privée. Pour rappel, les premières images de Nicolas Sarkozy et de sa nouvelle compagne Carla Bruni ont été prises dans
un parc d'attraction et non au cours d'une cérémonie officielle à l'Elysée. Et PPDA de dénoncer une "polution du débat" où les sujets du jour : environnement, pauvreté,
international..., finissent par être occultés. Belle leçon de journalisme qui ne doit pas faire oublier que LCI, (chaîne info du groupe TF1), fut l'une des premières à diffuser des
images du nouveau couple présidentiel… Une vidéo à visionner tout de même sans modération. Tant pour en savourer les arguments, que pour apprécier la communication non verbale
particulièrement déployée d'un journaliste TV, réduit habituellement au rôle d'homme tronc.
10 h 30 du matin, les journalistes entourent le Préfet venu se rendre compte de l’ampleur de la catastrophe. Et les questions de fuser lors d’un point presse improvisé. Connaît-on
enfin les circonstances exactes de l’accident ? Le nombre définitif des victimes est-il arrêté? Y aura-t-il des conséquences durables sur l’environnement ? L’erreur humaine est-elle confirmée ?
Fort heureusement, tout ceci n’est qu’une simulation dans le cadre d’un média training de crise. Une « répétition » sur le fond et la forme des messages, fort courante dans bon nombre
d’entreprises soumises aux risques environnementaux, sociaux, industriels… Au vue des contre-performances qui semaines après semaines émaillent JT et journaux radios, cet exercice préventif
gagnerait à être renouvelé régulièrement. Certes la fatigue, le stress, l’enchaînement des interviews peuvent expliquer certaines erreurs. Le comportement parfois agressif
des journalistes aussi. Mais cela n’explique pas tout. Trop souvent encore, faute de pratique peut-être, les attentes et le fonctionnement de la presse ne sont pas assimilés et plusieurs «
ficelles » du métier de porte-parole semblent ignorées. Ainsi, même lors d'une crise le principe de la près interview demeure. Il est essentiel avant de s'exprimer de poser plusieurs questions:
quels seront les thèmes abordés ? Quelle sera la durée de l’entretien ? Serez-vous le seul (la seule) à vous exprimer sur le sujet ? Plus qu’en toute autre circonstance, une communication en
situation sensible demande de rester vigilent sur son image, sa cible, son message. Pour cela, pensez à ne pas reprendre les termes « chocs » du journaliste. Refusez d’avoir le mauvais rôle.
N’acceptez pas les amalgames. Osez reformuler les questions que vous ne comprenez pas. Tenez vous en aux faits ! Audience oblige, radios et surtout télévisons ont pris
l’habitude de mettre en scène l’information. Et l’opprobre de s’abattre sur celui qui n’est pas filmé sur place dans les toutes premières heures qui suivent un drame. Afin de maintenir les acquis
d'un média training, voire de les compléter, il est recommandé de poursuivre l’entraînement au quotidien. Il vous suffit, par exemple, d’être attentif lors d'un reportage télé consacré à une
crise. Les dirigeants interviewés ont-ils fait preuve d’une réelle compassion ? Leur gestuelle était-elle en harmonie avec leurs propos? Des mots clef traduisent-ils un argumentaire élaboré en
amont ? Cette veille, quasi ludique de l’information, vous permettra le jour venu d’avoir les bons réflexes face à la presse. Et qui sait, de transformer des questions contraignantes en
opportunité de rappeler les valeurs de votre société.
Il y avait déjà eu ce
meeting, dimanche 29 avril 2007. D'une formule douteuse à mon goût, mais qu'elle revendique fièrement, Michèle Alliot-Marie avait stigmatisé une Ségolène Royal qui change
d'idées comme de petites
culottes, Devant mon téléviseur, j'ai cru alors que la fatigue, associée à l'intensité du moment, pouvait expliquer cette
hargne de fin de campagne. Mardi soir, en entendant aux infos de France Inter la ministre de l'Intérieur répondre d'un ton
rageur aux députés PS que la police n'est pas là pour faire du sport avec les jeunes, je me suis dit que MAM a décidément un problème pour trouver le ton juste. Un comble pour une femme
politique en recherche permanente de voix... Car à confondre autorité et agressivité, la "mamelon", comme elle est surnommée par certains militaires, pourrait finir par se discréditer. Déjà
Edith Cresson, première femme à accéder à Matignon, avait eu du mal à s'affirmer dans
un monde d'hommes. Quitte, pour exister, à user elle aussi d'expressions imagées allant pour l'une d'elles, jusqu'à remettre en cause la virilité de nos amis anglais. Ce
kilt ou double permanent (si j'ose dire), cette surenchère verbale et physique n'ont en effet rien de féminin. Pire, ces erreurs de registres laissent penser que ces dames qui
nous gouvernent, pourraient compenser par de la véhémence la faiblesse de leurs propos. Le silence, le sourire, le regard.., s'avèrent bien plus efficaces dans des situations
de prises de parole difficiles. Et ces femmes de pouvoir, d'en oublier celui de la séduction.